Sublime originalité

Si le Mouvement Gallican est une Église ouverte sur le monde d’aujourd’hui, elle est aussi une Église qui plonge ses racines au plus profond de la spiritualité occidentale non romaine.

 
La Liturgie de notre messe n’est pas une invention moderne mais un retour aux sources. De nombreux textes de notre liturgie ainsi que son plan remontent aux premiers siècles chrétiens et forment un terreau vivifiant où notre spiritualité peut s’épanouir.
 
Tous ceux qui ont travaillé à sa restauration ont toujours voulu que la Sainte Liturgie soit avant tout une Louange à Dieu et aussi que les fidèles puissent y trouver l’élévation hors de leur quotidien. Quand on prie et célèbre la liturgie, ce n’est pas pour faire comme le monde, mais pour faire ce qui se fait au Ciel. Une liturgie qui ne nous apaise pas des soucis de notre vie de tous les jours ne sert à rien. 
 
La Liturgie et les Sacrements sont là pour nous aider à nous élever vers le Divin, à le louer et l’adorer et à recevoir de Lui les flots ininterrompus de sa grâce.
 
Découvrons en quelques photos et textes la sublime originalité notre liturgie et notamment ses particularismes les plus marquants :
Divine Liturgie de la Messe
Prières au bas de l’Autel
 
Après la procession d’entrée au son du Psaume 92, les célébrants et les fidèles se préparent à la liturgie en dialoguant les prières au bas de l’autel, demandant à Dieu de nous introduire auprès de Lui dans de bonnes dispositions.
Bénédiction des éléments
 
En montant à l’autel, le célébrant bénit la lumière représentant l’élément feu et l’encens symbolisant l’air. A l’offertoire il fera la bénédiction du Pain et du Vin symbolisant l’élément Terre et la bénédiction de l’Eau. Ainsi durant la Sainte Liturgie, le Créateur est béni pour toute la Création.
Le chandelier à Sept Branches
 
Dans notre Liturgie, comme dans les rites orthodoxes et dans l’ancienne liturgie lyonnaise en vigueur à la Cathédrale de Lyon jusqu’en 1970, nous avons à proximité de l’autel un chandelier à sept branches ou directement sept chandeliers posés sur l’autel. C’est un symbole fort des sept jours de la Création, du lien permanent entre l’Ancienne Liturgie du Temple et notre Liturgie Actuelle, cela symbolise aussi les sept dons du Saint Esprit qui nous aident à comprendre la Parole de Dieu et les Saints Mystères, enfin les sept flammes rappelant les sept esprits sont sans cesse devant le Trône de Dieu dans l’Apocalypse.
 
Le chandelier est allumé après les lectures et on élève l’évangile devant lui pendant le chant de l’Alléluia.
Le Baiser de Paix
 
Après l’offertoire, et juste avant le Sanctus et la Consécration, le clergé et les fidèles échangent le Baiser de Paix. Ce n’est pas un serrement de mains hypocrite mais une vraie démarche de paix et de réconciliation avec ses frères. Ainsi après avoir présenté l’offrande (offertoire) et avant de l’offrir en sacrifice (consécration), le célébrant la laisse sur l’autel et avec les fidèles entre dans une démarche de paix et tout simplement d’amour selon le précepte du Seigneur dans Matthieu chapitre 5 : « Si donc tu présentes ton offrande à l’autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi,  laisse là ton offrande devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère; puis, viens présenter ton offrande. »  Nous avons vu des personnes venant pour la première fois à la Sainte Liturgie être bouleversés aux larmes par ce geste. Rappelons que seul le rite romain a déplacé ce rite juste avant la communion, ce qui n’a aucun sens théologique.
La Bénédiction Cosmique
Alors que le Canon de la messe gallicane dit « C’est par Lui, Seigneur, que tu ne cesses de créer tous ces biens et que du les sanctifies, tu leur donnes vie et les bénis pour nous en faire don. » Le célébrant prenant le Corps et le Sang du Christ dans les mains, bénit les quatre points cardinaux, montrant encore une fois que c’est par l’Incarnation, la Passion et l’Ascension du Sauveur que la Création a été sauvée et réconciliée avec son Créateur. La bénédiction eucharistique s’étant jusqu’au confins de l’Univers.
La Fraction du Pain en neuf morceaux
 
Selon l’ancienne tradition occidentale non romaine, avant le Notre Père, le célébrant partage l’hostie en neuf morceaux chacun symbolisant un des grands moments de la vie du Christ : Incarnation, Naissance, Circoncision, Épiphanie, Passion, Mort, Résurrection, Triomphe et Gloire. Selon la période liturgique le célébrant prélève une des neuf parties pour la mettre dans le Calice. Durant la Fraction on dit les paroles tirées de la Didaché : « De même que ce Pain que nous rompons, autrefois disséminé sur les collines, a été recueilli pour n’en faire plus qu’un, qu’ainsi ton Eglise soit rassemblée des extrémités de la terre dans ton Royaume. »
Sacrement de l’Absolution
 
Selon notre coutume qui était propre à tous l’Occident Chrétien avant 1970, avant la communion le célébrant et les fidèles demandent pardon à Dieu et le célébrant donne à tous l’Absolution (pardon des péchés).
Sacrement des Malades
 
Dans notre rite, à la fin de chaque messe, nous donnons le sacrement des malades dans sa version simplifié. Le célébrant assisté des ministres des malades, fait une onction sur le front du fidèles et lui impose les mains avant de le bénir en disant : « Reçois la bénédiction de Notre Seigneur Jésus Christ, qu’il t’accorde protection et santé, qu’Il t’exorcise de tout mal, au nom de la Trinité Sainte et Éternelle, le Père, le Fils et le Saint Esprit. Amen. »
Particularités des sacrements
Salut du Saint Sacrement : le Trône de l’Agneau
Lors de la célébration du Salut du Saint Sacrement nous faisons mémoire tout particulièrement de la Vision du Ciel que l’Apôtre Saint Jean eu dans l’Apocalypse. Ainsi le Saint Sacrement est l’Agneau Immolé et Vainqueur, devant lui brûlent les Sept Flambeaux des Esprits Bienheureux, autour de lui quatre chandelier représentent les Quatre Vivants qui se tiennent en présence de Dieu (Lion, Aigle, Ange et Bœuf), enfin deux cierges représentent les chérubins qui sont sur l’Arche d’Alliance du Temple de Jérusalem, le Saint Sacrement Eucharistique étant la Nouvelle Alliance de Miséricorde et d’Amour. 
Tous les textes de cet office sont emplis de la poésie de l’Apocalypse de Saint Jean.
L’Apocalypse dans notre Liturgie
 
Comme toutes les liturgies occidentales non-romaines, notre liturgie laisse une grande place aux textes de l’Apocalypse de Saint Jean, comme l’a très bien analysé le Père Klaus Gamber dans son livre sur la Liturgie des Gaules.
En plus des lectures de la Fête de l’Assomption et de la Fête de la Toussaint, selon l’ancien lectionnaire gallican du septième siècle dit Lectionnaire de Luxeuil, nous lisons tous les jours du Dimanche de Pâques jusqu’au samedi suivant un passage de l’Apocalypse montrant la Victoire du Seigneur sur la mort et le mal.
Il est aussi bon qu’une représentation du Christ en gloire dit Pantocrator de l’Apocalypse soit présent sur ou au dessus de l’Autel.
Sacrement du Mariage : Offrande de l’encens
 
Dans notre rituel, lors du mariage, après l’échange des consentements le célébrant prend une coupe avec un charbon ardent et un témoin prend un plateau avec dessus du Benjoin et de l’Oliban. Le femme prend une pincée de Benjoin et la dépose sur le charbon, puis le mari fait de même. La fusion des deux encens sur sur le charbon pour ne former qu’un seul parfum symbolisant l’union des deux cœurs et des deux âmes dans le feu de l’Amour.
 
 
Sacrement de l’Absolution : La double onction
 
Rappelons que si la confession individuelle n’est pas obligatoire dans  notre Église, nous la conseillons dans les cas graves et en préparation des fêtes de Pâques. 
 
Selon notre tradition, remontant aux anciennes liturgies coptes, après l’absolution des péchés, le prêtre fait deux onctions au pénitent avec l’Huile Sainte des catéchumènes qui symbolise l’huile dont les gladiateurs s’enduisaient le corps pour se préparer au combat. Cette onction est donnée au Baptême, mais nous la donnons aussi au pénitent pour l’aider dans son combat contre le mal et l’aider à ne pas retomber lorsqu’il avance sur le chemin de la Sainteté.
Sacrement du Baptême : Eveil de l’âme à Dieu
 
Durant le Baptême, juste après le rituel traditionnel de l’Ephata (ouverture des sens spirituels), le célébrant fait sentir de l’encens à la Rose au futur baptisé, demandant à Dieu de faire éclore son âme comme une rose au jardin.
Funérailles : Offrandes des éléments à Dieu pour l’âme du fidèle trépassé
Après les prières d’introduction de la cérémonie, le célébrant s’adresse au défunt, lui rappelant les quatre éléments qui ont régi sa vie terrestre et qui sont maintenant offerts à Dieu pour l’aider dans son passage vers le Royaume Éternel.
 
En voici le texte : 
 

Offrande des quatre éléments :

Frère (Sœur) …, nous sommes réunis à tes côtés (en ton souvenir si le corps n’est pas présent) pour t’accompagner dans ton passage vers le royaume du Père de Tout Amour.

Imposant les mains vers les cierges bénis (feu) :

Que le feu et la lumière de ces cierges qui sont près de toi, soient l’offrande à Dieu de l’ardeur et du rayonnement de ton âme durant ta vie.

Imposant les mains vers les fleurs (terre) (si il n’y a pas de fleur le célébrant fournira une rose, on peut demander aux proches d’apporter eux-mêmes les fleurs sur le cercueil) :

Que ces fleurs issues de la terre et que tes proches ont offertes en signe d’affection et de respect pour toi, soient l’offrande à Dieu de l’épanouissement de ton âme durant ta vie.

Aspergeant le corps ou le catafalque d’eau bénite (eau) :

Que cette eau bénite, souvenir de ton baptême soit offrande à Dieu pour la purification de ton âme au moment de ton passage vers lui.

Imposant l’encens des défunts dans l’encensoir et le bénissant (air) :

Que le parfum de cet encens s’élève dans les airs en offrande à Dieu avec nos prières et que pareillement ton âme entame son chemin vers lui.

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